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A PROPOS - Château Lacypierre Saint-Crépin-et-Carlucet

Serge LEBON, architecte et professeur à l'école Boulle et  son épouse,  Annick, qui avait enseigné l'Histoire en région parisienne font l'acquisition en 1968 de la demeure qui allait devenir la passion de leur vie.

Laissons leur la parole : «  Passant depuis quelques années nos vacances dans le Périgord Noir, nous nous étions mis en quête d'une petite maison de campagne authentiquement périgourdine à restaurer. Un agent immobilier de Sarlat nous consacra toute une après midi de visites qui ne furent pas convaincantes, jusqu'au moment où, sur la route du retour, passé Salignac et traversant le Poujol sur la commune de Saint-Crépin, notre guide nous dit : j'ai bien quelque chose là en bas, mais ça ne vaut rien. Il lui fut répondu : Au point où nous en sommes, M. Trèves, allons voir.

« A l'issue du tournant de la petite route qui descend au vieux bourg, nous est apparu, dans son écrin de chênes verts, ce quelque chose qui ne valait rien, avec ses deux tours, l'une carrée, l'autre polygonale, ses épaisses toitures de lauzes et dans le même alignement, comme en contrepoint, le clocher de l'église romane. La vision était saisissante de simplicité, d'équilibre et d'harmonie, elle opéra sur nous un charme, au sens classique d'envoûtement. Ceux qui ont éprouvé dans leur vie le choc d'un  coup de foudre esthétique  comprendront.  

« A l'approche de la demeure, la vétusté des lieux s'imposait partout, c'était, selon l'expression de Serge, une ruine debout. Loin de briser notre éblouissement initial, cette misère développa en nous un sentiment de commisération et de piété, ainsi qu'une responsabilité militante : il nous fallait à tout prix sauver un si unique témoignage de l'architecture et de la société rurale du Périgord d'autrefois.

« Bien qu'en très mauvais état, le bâtiment devenu exploitation agricole depuis plus d'un siècle,     abritait encore un vieux couple de métayers. La vétusté du bâti et la saleté même des lieux étaient  gage d'authenticité. Le château était meurtri, mais pur, tel qu'en lui-même depuis la fin du XVIIIe siècle, pour n'avoir, depuis lors, jamais été habité  bourgeoisement ou noblement. Il avait ainsi évité les fréquents apports de conforts et de prestige du XIXe siècle qui souvent dénaturent les sites. 

« Malgré des moyens limités, nous avons investi toute notre énergie dans cette restauration, au point de faire de Lacypierre, dès l'année 1971, notre résidence principale (nous avions vendu notre maison de la région parisienne).  Serge Lebon qui avait sa situation à Paris, faisait le voyage chaque  semaine pour rejoindre sa famille et participer, avec les artisans locaux, aux innombrables travaux qu'exigeaient l'état de la bâtisse. La vie y était parfaitement inconfortable, car nous n'avions ni chauffage ni sanitaire,  au moins pendant les dix premières années, et nos filles partageaient ces rudes conditions sans se plaindre, voire même avec joie,  quand la bonheur d'un bon feu regroupait toute la famille autour de la cheminée monumentale de la salle ou quand la belle saison nous permettait  de profiter tous ensemble de la nature et des quelques animaux familiers qui nous accompagnaient dans cette aventure.